Incendie dans le Var : dix maisons détruites et 200 hectares brûlés entre Taradeau et Les Arcs
Incendie dans le Var : près de 200 hectares parcourus entre Taradeau et Les Arcs, dix maisons détruites. Le point sur la situation lundi matin.

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Parti dimanche en début d’après-midi de Taradeau, un violent incendie a parcouru près de 200 hectares de végétation dans le Var avant de sauter vers la commune voisine des Arcs, où dix maisons ont été détruites. Lundi matin, le feu n’était pas encore fixé, mais les pompiers se montraient prudemment optimistes après une nuit sans progression notable des flammes.
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Ce que l’on sait lundi matin
L’incendie dans le Var s’est déclaré dimanche 19 juillet, en début d’après-midi, sur la commune de Taradeau, au cœur de la Dracénie. Attisées par un vent soutenu et une végétation desséchée par des semaines sans pluie, les flammes ont d’abord parcouru une trentaine d’hectares sur place. Puis le pire s’est produit : le feu « a sauté » en direction des Arcs-sur-Argens, selon les mots du préfet du Var, franchissant les obstacles naturels pour s’attaquer à un nouveau massif.
Au total, le sinistre a parcouru près de 200 hectares, dont environ 180 entièrement brûlés, selon les bilans communiqués lundi matin par les secours. La nuit a toutefois marqué un tournant. « Le feu n’a que très peu progressé durant la nuit », a indiqué le commandant William Vogl, des sapeurs-pompiers du Var, qui espérait pouvoir le fixer « très rapidement dans la matinée ». La préfecture évoquait de son côté une situation « favorable », tout en soulignant que le feu n’était pas encore maîtrisé.
Dix maisons détruites, une centaine sauvées
C’est la commune des Arcs qui paie le plus lourd tribut. Dix habitations y ont été entièrement détruites par les flammes, principalement dans les quartiers situés en lisière de forêt. Le bilan matériel aurait pu être bien plus lourd : d’après les pompiers, plus d’une centaine d’habitations directement menacées ont été préservées grâce aux manœuvres de défense des points sensibles menées tout au long de la nuit de dimanche à lundi.
Environ 150 personnes ont dû quitter leur domicile en urgence. Elles ont été prises en charge dans les salles des fêtes de Taradeau et des Arcs, ainsi qu’à l’école Hélène-Vidal, transformée en centre d’accueil. Aucune victime grave n’était à déplorer lundi matin, un soulagement au regard de la vitesse de propagation du feu dans les premières heures.
Canadair, Dash et 600 pompiers : des moyens massifs
La riposte a été massive. Au plus fort de la lutte, dimanche soir, plus de 600 sapeurs-pompiers et quelque 200 véhicules étaient engagés sur le terrain. Dans les airs, deux Canadair, trois hélicoptères bombardiers d’eau et un avion Dash se sont relayés pour larguer eau et retardant sur les lisières du feu, tandis que les colonnes au sol s’employaient à protéger les habitations.
Lundi matin, le dispositif restait conséquent : environ 360 sapeurs-pompiers demeuraient mobilisés sur les communes de Taradeau et des Arcs, appuyés par une centaine d’engins. Leur mission : noyer les lisières, traiter les points chauds et empêcher toute reprise, dans un secteur où le vent peut raviver les braises en quelques minutes. Des renforts venus des départements voisins ont été maintenus sur place par précaution.
Sécheresse et chaleur : un cocktail explosif
Ce feu n’est pas un accident isolé. Il survient dans un contexte hydrique et climatique dégradé comme la France en a rarement connu à la mi-juillet. Le pays traverse une sécheresse historique qui place 99 départements sous restrictions d’eau, et le Sud-Est sort à peine d’un épisode de canicule qui a maintenu sept départements en vigilance orange tout le week-end. Sols secs, végétation stressée, températures élevées : toutes les conditions d’un départ de feu explosif étaient réunies.
Le Var n’est d’ailleurs pas seul à brûler. Plusieurs incendies se sont déclarés ce week-end en Corse, mobilisant là aussi d’importants moyens aériens, selon France 24. Dès la mi-juillet, le risque d’incendie avait été classé critique dans plusieurs départements du sud, comme France7.net le rapportait lors de la vague de chaleur du 16 juillet. Pour les acteurs de la sécurité civile, l’été 2026 s’annonce comme un test grandeur nature : la saison des feux commence plus tôt, dure plus longtemps et touche des zones autrefois épargnées.
Sur le terrain politique, l’événement relance le débat sur les moyens de la lutte contre les feux de forêt : flotte aérienne vieillissante, recrutement de pompiers volontaires, débroussaillement obligatoire trop peu contrôlé. Autant de chantiers que le gouvernement Lecornu, déjà critiqué sur la gestion des chaleurs extrêmes, devra traiter sous pression.
Vos questions sur l’incendie du Var
Où se situe l’incendie dans le Var ?
Le feu s’est déclaré à Taradeau, en Dracénie, avant de se propager vers Les Arcs-sur-Argens, commune voisine située le long de l’autoroute A8, entre Le Muy et Vidauban. Les deux communes se trouvent à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Draguignan.
L’incendie est-il maîtrisé ?
Lundi matin, le feu n’était pas encore fixé, mais il n’avait que très peu progressé pendant la nuit. Les pompiers espéraient le fixer dans la matinée, la préfecture jugeant la situation « favorable ». Environ 360 soldats du feu restaient mobilisés sur place.
Combien de maisons ont été détruites ?
Dix habitations ont été entièrement détruites aux Arcs, selon les secours. Plus d’une centaine d’autres, directement menacées par les flammes, ont pu être sauvées grâce à l’action des sapeurs-pompiers pendant la nuit de dimanche à lundi.
Y a-t-il des victimes ?
Aucune victime grave n’était recensée lundi matin. Environ 150 personnes ont été évacuées préventivement et hébergées dans les salles des fêtes de Taradeau et des Arcs ainsi qu’à l’école Hélène-Vidal.
Quels moyens ont été engagés contre le feu ?
Plus de 600 sapeurs-pompiers et 200 véhicules au plus fort du sinistre, appuyés par deux Canadair, trois hélicoptères bombardiers d’eau et un avion Dash. Lundi matin, environ 360 pompiers et une centaine d’engins poursuivaient la surveillance et le noyage des lisières.
Pourquoi le risque d’incendie est-il si élevé cet été ?
La combinaison d’une sécheresse touchant la quasi-totalité du territoire, de canicules répétées et d’une végétation très sèche crée des conditions de propagation exceptionnelles. La quasi-totalité des départements français sont soumis à des restrictions d’eau.
Et maintenant ?
Les prochaines heures diront si les pompiers parviennent à fixer définitivement le feu entre Taradeau et Les Arcs. Restera ensuite le temps long : celui du retour des évacués, de l’indemnisation des sinistrés et de l’enquête sur l’origine du départ de feu. Et une question qui dépasse largement la Dracénie : dans un pays où la sécheresse s’installe dès le printemps, combien d’étés comme celui-ci le dispositif français de lutte contre les feux pourra-t-il encaisser sans être repensé en profondeur ?
