Incendie en Gironde : la presqu’île du Cap-Ferret entièrement évacuée face à un feu hors norme

La préfecture ordonne l’évacuation de toute la presqu’île du Cap-Ferret : le feu parti de Saumos a parcouru plus de 8 700 hectares en deux jours.

Incendie en Gironde : forêt de pins ravagée par les flammes, illustration du feu près du Cap-Ferret

Photo d'illustration © Pexels — libre de droits

La préfecture de la Gironde a ordonné, ce vendredi 24 juillet, l’évacuation progressive de l’ensemble de la presqu’île du Cap-Ferret. L’incendie en Gironde parti de Saumos mercredi a parcouru plus de 8 700 hectares : sa surface a presque doublé dans la nuit. En vingt-quatre heures, près de 20 000 habitants et vacanciers ont dû quitter les lieux.

Incendie en Gironde : un feu qui a presque doublé dans la nuit

Le chiffre donne la mesure de l’emballement. Jeudi soir, les autorités évoquaient 4 800 hectares parcourus par les flammes. Vendredi matin, le bilan provisoire dépassait les 8 700 hectares, selon la préfecture. En une nuit, la surface touchée a quasiment doublé.

Tout est parti de Saumos, mercredi 22 juillet, dans ce massif forestier des Landes girondines coincé entre Lacanau et le bassin d’Arcachon. Attisé par la sécheresse et un vent défavorable, le feu a d’abord filé vers Le Porge, dont la population a été évacuée à titre préventif. Il a ensuite poursuivi sa course vers l’ouest et le sud, jusqu’à menacer directement la presqu’île de Lège-Cap-Ferret, l’un des territoires les plus fréquentés de la côte atlantique en plein cœur de l’été.

La configuration des lieux complique tout. La presqu’île est une bande de sable et de pins d’une vingtaine de kilomètres, desservie pour l’essentiel par une seule route départementale. Quand le feu progresse au nord, c’est l’unique porte de sortie terrestre qui se retrouve sous pression.

Toute la presqu’île évacuée, un dispositif inédit

C’est la décision la plus spectaculaire depuis le début de la crise. Vendredi, la préfecture a ordonné l’évacuation progressive de l’ensemble de la presqu’île du Cap-Ferret. Les personnes disposant d’un véhicule « doivent quitter immédiatement les lieux », en empruntant exclusivement la D106 en direction de Bordeaux, indique la préfecture. L’accès à la presqu’île est désormais interdit, par voie terrestre comme maritime, jusqu’à nouvel ordre.

Près de 20 000 personnes ont déjà été évacuées en vingt-quatre heures : des habitants à l’année, mais surtout des touristes délogés de leurs campings et villages vacances au plus fort de la saison. Une trentaine de bateaux ont par ailleurs été mobilisés dès jeudi soir pour assurer, si nécessaire, une évacuation générale par la mer depuis la pointe du Cap Ferret — un scénario rarissime en France métropolitaine.

Pour accueillir les évacués, un centre d’hébergement a été ouvert au Parc des expositions de Bordeaux. Les municipalités du Porge et de Lège-Cap-Ferret ont organisé des points de rassemblement, et les autorités demandent instamment aux curieux de ne pas s’approcher du secteur pour ne pas gêner les secours.

800 pompiers mobilisés, un blessé dans leurs rangs

Sur le terrain, environ 800 sapeurs-pompiers luttent sans relâche contre les flammes, appuyés par des centaines d’engins et des moyens aériens, avec des renforts venus de nombreux départements. Un pompier a été blessé à Lège-Cap-Ferret après l’explosion d’une bonbonne de gaz, rappelant la dangerosité extrême des interventions en zone habitée.

Côté habitants, la préfecture n’a fait état d’aucune victime parmi la population, un résultat qu’elle attribue aux évacuations préventives massives menées depuis mercredi. Plusieurs habitations ont en revanche été détruites ou léchées par les flammes dans le secteur, tandis que les pompiers concentrent leurs efforts sur la défense des zones urbanisées.

Un été explosif : sécheresse, canicule et vent

Ce feu hors norme ne sort pas de nulle part. Depuis la mi-juillet, tous les voyants sont au rouge dans le Sud-Ouest. La canicule du 16 juillet, avec des pointes à 42 °C, avait déjà placé le risque incendie à un niveau critique dans la région. Et la sécheresse qui frappe 99 départements a transformé les sous-bois en poudrière : litière sèche, fougères grillées, nappes au plus bas.

La Gironde n’est pas un cas isolé cet été. Il y a quelques jours, un incendie dans le Var détruisait dix maisons entre Taradeau et Les Arcs. Mais par son ampleur et par la population concernée, le feu de Saumos change d’échelle : c’est le plus important épisode de l’été 2026 en France à ce stade.

Le spectre de 2022 plane sur la Gironde

Impossible, pour les Girondins, de ne pas penser à juillet 2022. Cette année-là, les incendies de La Teste-de-Buch et de Landiras avaient ravagé près de 30 000 hectares de forêt et contraint des dizaines de milliers de personnes à fuir. Quatre ans plus tard, le scénario se répète dans un massif voisin, avec une différence de taille : cette fois, c’est la presqu’île du Cap-Ferret elle-même, cul-de-sac géographique aux 50 000 estivants, qui a dû être vidée.

L’épisode relance des questions récurrentes : l’entretien du massif des Landes de Gascogne, le débroussaillement obligatoire autour des habitations, le sous-dimensionnement chronique des moyens aériens nationaux en plein cœur de l’été, quand plusieurs feux majeurs peuvent éclore simultanément. Il interroge aussi le modèle touristique d’un territoire fragile, où la population est multipliée par dix chaque été, sur une langue de sable dotée d’une seule route.

À plus long terme, les scientifiques alertent depuis des années : avec le réchauffement, les étés girondins prennent des allures méditerranéennes, et des feux autrefois exceptionnels deviennent des rendez-vous réguliers. L’été 2026, marqué par des canicules à répétition, en apporte une nouvelle illustration.

Vos questions sur l’incendie du Cap-Ferret

Où en est l’incendie en Gironde ce vendredi 24 juillet ?

Le feu parti de Saumos mercredi a parcouru plus de 8 700 hectares selon la préfecture, contre 4 800 jeudi soir. Il n’est pas fixé et continue de progresser vers la presqu’île de Lège-Cap-Ferret, dont l’évacuation complète a été ordonnée vendredi.

Qui doit évacuer la presqu’île du Cap-Ferret ?

La préfecture a ordonné l’évacuation progressive de l’ensemble de la presqu’île : habitants, touristes, campeurs et résidents secondaires. Les personnes motorisées doivent partir immédiatement par la D106 vers Bordeaux. Une évacuation par la mer reste possible pour la pointe si la route devenait impraticable.

Combien de personnes ont été évacuées ?

Près de 20 000 personnes ont quitté la zone en vingt-quatre heures, entre Le Porge, Lège-Cap-Ferret et les campings du secteur. C’est l’une des plus importantes évacuations liées à un incendie en France depuis les feux de Gironde de l’été 2022.

Y a-t-il des victimes ?

Aucune victime n’est à déplorer parmi la population, selon la préfecture, qui met en avant les évacuations préventives. Un sapeur-pompier a toutefois été blessé à Lège-Cap-Ferret par l’explosion d’une bonbonne de gaz lors des opérations de défense des habitations.

Peut-on encore se rendre au Cap-Ferret ?

Non. L’accès à la presqu’île est interdit par voie terrestre et maritime jusqu’à nouvel ordre. Les autorités demandent d’éviter tout le secteur Saumos – Le Porge – Lège-Cap-Ferret afin de laisser le passage libre aux colonnes de secours et aux évacuations.

Où sont accueillis les évacués ?

Un centre d’accueil a été ouvert au Parc des expositions de Bordeaux, et les communes voisines ont activé des points de rassemblement, comme la mairie du Temple pour les évacués du Porge. Les personnes hébergées par des proches sont invitées à se signaler en mairie.

Et maintenant ?

Les prochaines heures seront décisives. Les pompiers espèrent profiter de conditions de vent plus favorables pour fixer le flanc ouest du feu avant qu’il ne s’enfonce davantage dans la presqu’île. Reste une inconnue de taille : la météo du week-end, entre orages secs annoncés et retour possible de la chaleur. Pour les milliers de vacanciers délogés en pleine saison, comme pour les professionnels du tourisme du bassin d’Arcachon, l’été 2026 restera de toute façon marqué au fer rouge. Suivez l’évolution de la situation sur le site de la préfecture de la Gironde, sur franceinfo et auprès d’ICI Gironde.

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